There Are Better More Sustainable Ways

by Yung Fierens, adopted from South Korea to Belgium.

Years ago, I was one of those lucky guys who could pull through Asia with the backpack on her own for almost half a year. It was a magical time when I got to meet many exciting, cool people, saw the sun take off in a temple in Angkor Wat and between the Akha Tribes in Laos. Hong Kong, China, Laos, Thailand, Vietnam, Korea, Indonesia, Bhutan, Singapore and Cambodia.

In the last country (Cambodia) I visited, one of the many orphanages where there were dozens of children waiting for adoptive parents, I was considering staying in the area for a while and volunteering there. I gave language lessons in english, art lessons, helped prepare meals. I would have to throw a pack of euros on the table to provide living and living because of course you can’t live on the wages of such an NGO. They need their money for those kids.

That was what I thought was going to happen, that was how I thought the situation was. Until friends who lived and worked on the scene in development aid and the experiences of others backpackers opened my eyes.

“These are not orphanages but straight tourist traps. The parents of those children are getting money to bring their offspring during the day to the so called orphanage where they are exhibited as monkeys, so that the owners can knock money out of the pockets of naive tourists.

The children are not being taught in the meantime and therefore learn nothing that can ever come in handy in a human life. When they get too big and the cuteness is over, then they get banned from those homes and end up back on the street as a beggar.

And yes, whoever wants can adopt a child if enough money is put on the table. Since Angelina Jolie’s oldest son came to be adopted / purchased here during Tomb Raider’s filming, the orphanage tourism has been booming.”

I therefore abandoned the plan and with two other backpackers, I chose to support a boy from a poor family so that he could go to school and get a diploma. He was the first in his village to learn english. The result is that not only did we help 1 young person with it, but he took the whole village out of misery. Thanks to him, other children are able to go to school, the local economy has started and … most importantly, no mother has to let her child leave for a faraway country to give it a better life.

I don’t feel like a benefactor, I have told few this story and won’t come out with it to reap admiration for it. I’m telling it to show that there are other and better, more sustainable and previously used ways to give children a better life without having to remove them from their surroundings.

Original in Dutch

Jaren geleden was ik één van die gelukzakken die bijna een half jaar in haar eentje met de rugzak door Azië kon trekken.

Een magische tijd waarin ik veel boeiende, toffe mensen heb mogen ontmoeten, de zon heb mogen zien opstijgen in een tempel in Angkor Wat en tussen de Akha Tribes in Laos hebben kunnen vertoeven. Hong Kong, China, Laos, Thailand, Vietnam, Korea, Indonesië, Buthan, Signapore en Cambodia.

In dat laatste land heb ik één van de vele weeshuizen bezocht waar tientallen kinderen zaten te wachten op adoptieouders.

Ik overwoog om een tijdje in de streek te blijven en er vrijwilligerswerk te doen. Taallessen Engels, tekenles, helpen met het bereiden van maaltijden…ik zou er wel een pak euro’s voor op tafel moeten smijten om in kost en inwoon te voorzien. Want natuurlijk kan je niet op kap van zo’n NGO gaan leven. Die hebben hun centen nodig voor die kindjes.

Dat was wat ik dacht dat er zou gebeuren, dat was hoe ik dacht dat de situatie was.

Tot vrienden die ter plaatse woonden en werkten in de ontwikkelingshulp én de ervaringen van anderen backpackers me de ogen openden.

“Dit zijn geen weeshuizen maar regelrechte tourist traps. De ouders van die kinderen krijgen geld om hun kroost overdag naar dat zogenaamde weeshuis te brengen waar ze als aapjes in de zoo tentoongesteld worden zodat de eigenaars geld uit de zakken van naïeve toeristen kunnen kloppen. Ze krijgen intussen geen les en leren bijgevolg niets wat ooit van pas kan komen in een mensenleven. Als ze te groot worden en de schattigheid eraf is dan worden ze verbannen uit die tehuizen en belanden ze terug op straat als bedelaar. En ja, wie dat wil kan zo’n kind adopteren als er maar genoeg geld voor op tafel gelegd wordt. Sinds Angelina Jolie haar oudste zoon hier is komen adopteren/ kopen tijdens de filmopnames van Tomb Raider is het weeshuis toerisme geboomd.”

Ik heb het plan dan ook laten varen en heb ervoor gekozen om samen met nog twee andere backpackers waarmee ik in Laos terecht gekomen ben, een jongen uit een arm gezin financieel te ondersteunen zodat die naar school kon gaan en een diploma kon behalen. Hij was de eerste van zijn dorp die Engels zou leren. Het resultaat is dat we er niet alleen 1 jongen mee hebben geholpen maar dat die op zijn beurt het hele dorp uit de misérie heeft gehaald. Dankzij hem zijn er later andere kinderen naar school kunnen gaan, is er locale economie ontstaan en…hoeft er geen enkele moeder meer haar kind te laten vertrekken naar een ver land om het een beter leven te geven.

Ik voel me geen weldoener, ik heb weinigen dit verhaal verteld en kom er nu niet mee naar buiten om er bewondering mee te oogsten. Ik vertel het om te tonen dat er andere en betere, duurzamere en eerbaardere manieren zijn om kinderen een beter leven te geven zonder ze te moeten weghalen uit hun omgeving.

Adopté d’Haïti

par Christla Petitberghien adoptée d’Haïti en France.
English version here.

France and Haiti flags

Si la réforme de 2013 a certes permis une avancée, je ne pense que cela suffise. Je crois qu’il faut abolir l’adoption plénière qui non seulement prive les personnes adoptées du contact pourtant crucial avec leur familles naturelles mais aussi efface même leur existence juridiquement. Notre certificat de naissance est déclaré nul et non avenue et est remplacé par un autre document fictif qui déclare que nous sommes nés de nos adoptants. C’est de la falsification. Autrement dit,c’est une forme de détournement cognitif qui nie et écrase notre identité biologique première et notre réalité au profit d’une “Fiction” dite légale et pourtant qui est à l’origine de la plupart des discriminations systémiques auxquelles nous devons faire face nous , personnes adoptées, groupe social marginalisé et invisibilisé. Je me demande toujours comment les gens peuvent trouver ça normal de couper et de détruire les liens entre l’enfant et sa famille ? Comment est-ce que nous pouvons trouver cela acceptable ? Pourquoi nous trouvons normal que des individus est à passer leur vie à chercher leur famille ? À vivre dans l’incertitude et la non-information ? À se demander qui si sa famille est toujours en vie ? Ou si nous retrouverons nos pères et mères décédés ? Pourquoi avons-nous tant banaliser la séparation et cherchons même à l’encourager. Nous devrions cesser de croire que retirer les enfants des familles aux situations socio-économique précaires aide l’enfant. Ça ne l’aide pas. Ça ne résout rien si ce n’est créer plus de traumas à cette enfant.

Dans le système de l’adoption, la pauvreté est perçue comme une raison pouvant justifier l’adoption des enfants. On suppose donc que retirer les enfants de leur famille est une solution à la pauvreté. Alors même que les conditions de vie de la famille d’origine ne devraient pas être la raison de toute séparation d’un enfant à ses parents. N’avons-nous pas vu les véhémentes réactions de la population américaine et mondiale lorsque Donald Trump avait mis en place une politique de séparations entre des familles immigrées et leurs enfants? Combien de personnes étaient scandalisées ? Combien de personnes alertaient sur le fait que séparer un enfant de sa famille en raison de leur situation économique est inhumain ? Pourtant, dans le cadre de l’adoption, la même chose se produit. Les mères sont séparées de leurs enfants pour des raisons économiques et sociales au lieu de recevoir le soutien approprié et personne ne s’en offusque. Grâce à l’adoption, cela est rendu acceptable. Riitta Högbacka, chercheuse à l’université de Helsinki a bien rappelé dans son étude sur “l’adoption internationale et la production sociale de l’abandon” que “l’Assemblée générale des Nations unies (2010) a, par exemple, clairement déclaré que la pauvreté ne devrait jamais être la seule justification pour retirer un enfant à ses parents, pour le placer dans une structure de protection de remplacement ou pour empêcher sa réinsertion, mais qu’elle devrait être considérée comme un signal de la nécessité d’apporter un soutien approprié à la famille. Dans la pratique, le manque matériel est un facteur majeur de motivation des adoptions, et les mères naturelles appauvries n’ont pas reçu d’aide ou de soutien pour garder leur enfant. Le système d’adoption laisse les mères à elles-mêmes et ne les aident pas.” C’est bien vrai, combien d’entre nous, avons retrouvé nos familles dans la même situation qu’au moment de notre adoption ? Toujours dans la même pauvreté , toujours sans ressources et n’ayant reçu aucune aide ? Les parents sont toujours laissés pour compte dans le système de l’adoption. Comme l’a dit Debora L. Spar,la doyenne associée principale de la Harvard Business School Harvard School of Business, «Ce sont les États pauvres qui produisent les enfants et les riches qui les consomment. Dans ce processus, les parents pauvres sont laissés pour compte, n’étant que les fabricants initiaux des enfants d’autres personnes. ».

Arrêtons de penser que les enfants dans les crèches et orphelinats n’ont pas de familles, qu’ils ont été délaissés ou abandonnés parce que ce n’est pas vrai pour la très grande majorité. Beaucoup de personnes prétendent que les familles ont fait le choix de laisser leur enfants. Ce n’est pas vrai. Aucunes n’avaient la capacité de faire un choix authentique réel et authentique. En effet on leur propose pas d’autres possibilités que l’adoption. Il n’existe pas d’alternatives de prise en charge temporaire, d’aider financière, de structures d’acceuil des mères en situation difficiles, de soutien face aux manques de ressources. Donc qu’est-ce qu’un choix fait en l’absence d’autres choix ?Ce que nous ne considérons pas dans la rhétorique du supposé libre choix des familles naturelles, c’est le cadre bien précis et contraignant dans lequel la décision de la séparation s’inscrit. De fait, ce que nous écartons de la table, c’est la manière dont le renoncement de l’enfant par une mère et sa famille a été déterminé par des facteurs sociaux, économiques et politiques.les actions de la plupart des mères naturelles, loin d’être un choix éclairé et fait en toute liberté sont plus des séparations forcées qu’autre chose. Leur “choix” s’est fait en l’absence de toutes autres alternatives, donc contraint par l’inégalité des conditions dans lesquelles elles vivent. De plus,lorsqu’on parle de « consentement éclairé » en matière d’adoption, il faudrait rappeler que toujours ce consentement n’est jamais parfaitement éclairé et qu’il y’a toujours une énorme asymétrie d’informations qui participent à favoriser les consentements des mères naturelles. En effet, si quelques fois les mères ont été correctement informées de leur perte de tous droits parentaux sur l’enfant et la rupture permanente avec leur progéniture que cause l’adoption, certaines informations qui seraient pourtant déterminantes pour la prise de décisions des mères ne leur sont jamais dit. De quoi je parle ? Du traumatisme dévastateur qu’engendre la séparation d’une mère et son enfant tant pour elles-mêmes que pour l’enfant. Les mères ne sont jamais mises au courant des recherches établie sur la séparation, des risques pour l’adopté, des chances d’infertilité secondaire et de développer des troubles psychiques et un stress post-traumatique, de l’importance du lien mère-enfant. Comment expliquer que les adoptants sont aujourd’hui dûment informés des effets des traumatismes ( séparation, déraciment et adoption) sur l’enfant adopté alors même que les mères naturelles qui sont poussés à prendre une décision aux conséquences irréversibles ne le sont pas ? On voit donc que le consentement ne peut dès lors jamais être fait de façon éclairée quand on omet la vérité sur le devenir de l’enfant et sa mère.

Ainsi, nous devons penser les enfants des crèches non comme délaissés mais comme ayant une famille. Ces enfants ont des parents et sinon toute une famille élargie qui tiennent à eux. Nous devons penser pas à cette famille. Parce que nous n’aiderons véritablement les enfants, nous ne pourrons prévenir les abandon qu’en prenant en compte leur famille. Aidons les plutôt à garder leur enfants. Soutenons les financièrement pour qu’ils puissent les élever dignement. Investissons dans les associations de préservation familiale et réunification familiales. Investissons dans les programmes d’autonomisation des familles. Travaillons pour réduire toujours plus le nombre d’adoptions.