Il n'y a que moi

"Tous ces moments seront perdus dans le temps comme des larmes sous la pluie."

Je me souviens de cette ligne du film Blade Runner qui s'est déroulée en novembre 2019 et prononcée par Roy Batty, le réplicant qui luttait contre le temps et contre son créateur qui l'a condamné en installant un coupe-circuit. Ces mots pèsent lourd sur cet adopté car j'ai choisi d'arrêter mon horloge en ne recherchant pas mes origines ni en recherchant des parents par le sang. J'ai choisi de renoncer à tout souvenir de racines ou de visages ou d'événements qui me relieraient à ma propre histoire d'origine car personne ne peut me réclamer. Je ne suis le fils de personne. Mon existence biologique et mon avancement sont désormais tous sous l'égide de ma force de la nature. Je sais que mon visage et mes autres caractéristiques physiques ne se reflètent sur personne d'autre sur cette planète, je suis donc libre de prendre le contrôle de ma propre histoire, de me la raconter sans tromperie, sans manipulation. Mon nom est dans un passeport dans un autre passeport, dans un autre. Mon arbre de sang est une souche dans l'arrière-cour d'un immeuble où mon corps a été retrouvé à Saigon, perdu, puis retrouvé dans une maison de banlieue à deux niveaux dans le nord-est de l'Amérique qui ne pouvait pas me garder pour toujours. Parce que l'éternité est une erreur pour mon corps d'adoption. C'est dans mon propre corps que j'appartiens.   

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